Algérie : la Banque africaine de développement et la BID approfondissent le dialogue avec les autorités sur le corridor ferroviaire Alger-Tamanrasset

Le corridor ferroviaire Alger-Tamanrasset a vocation à devenir un moteur de développement économique pour le Grand Sud algérien tout en favorisant l’intégration régionale du Maghreb vers l’Afrique de l’Ouest. Cette ambition était au cœur des consultations menées, fin septembre, par une mission conjointe du Groupe de la Banque africaine de développement et de la Banque islamique de développement (BID) avec les autorités algériennes entre El Meniaâ et Tamanrasset.
Conduite par le responsable pays du Groupe de la Banque pour l’Algérie, Abdoulkader Dileita, et le directeur de la plateforme régionale de la BID pour l’Afrique du Nord, Ahmed Ag Aboubacrine, la mission, forte de neuf experts multisectoriels, s’est déroulée du 21 septembre au 1er octobre derniers le long des sections El Meniaâ-In Salah-Tamanrasset (1 086 kilomètres).
Ces échanges s’inscrivaient dans le prolongement de l’intervention en cours de la Banque africaine de développement sur l’axe Laghouat-Ghardaïa-El Meniaâ et dans les efforts engagés par l’Algérie pour accélérer la réalisation du mégaprojet ferroviaire vers le Grand Sud algérien.
Les discussions avec le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base, l’Agence nationale d’études et de suivi de la réalisation des investissements ferroviaires (ANESRIF) et d’autres parties prenantes nationales ont mis l’accent sur le rôle du corridor dans la diversification de l’économie algérienne. En facilitant l’acheminement des productions agricoles, des ressources minières et des biens industriels vers les ports et les marchés, le rail pourrait améliorer la compétitivité des entreprises et valoriser les ressources du Sahara algérien, qui couvre plus de deux millions de km2 au sud de l’Atlas.
Pour Abdoulkader Dileita, « l’enjeu est de faire du corridor Alger-Tamanrasset bien plus qu’une infrastructure de transport : il doit devenir un corridor économique qui rapproche les territoires, les bassins de production et les marchés, et qui renforce l’intégration de l’Algérie avec le Niger et le reste de l’Afrique de l’Ouest. La Banque est prête à poursuivre ce travail avec les autorités algériennes, ainsi qu’avec les institutions régionales et internationales, afin de traduire cette ambition en résultats concrets. »
Un corridor qui appuie les objectifs de la ZLECAf
À l’échelle régionale, le corridor ferroviaire contribuera à renforcer les connexions avec les réseaux de transport africains existants ou à venir, et à faciliter les échanges avec la zone sahélienne et, plus largement, avec le continent. Ce projet rejoint les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), notamment en matière de développement des échanges intra-africains et des chaînes de valeur régionales.
La mission conjointe a également examiné les enjeux de durabilité et de résilience du projet, ainsi que les possibilités de capitaliser sur les connaissances et le savoir-faire acquis lors de sa préparation et de sa mise en œuvre. Elle a parcouru plus de 2 000 kilomètres par voie terrestre à travers dix wilayas (provinces), ce qui a permis d’appréhender les défis territoriaux et économiques du corridor.
La valorisation des territoires traversés constitue un enjeu complémentaire : le développement d’activités agricoles, minières, industrielles et logistiques pourrait soutenir la création d’entreprises, l’emploi des jeunes et l’émergence de start-up dans les services liés au transport et à la logistique. L’objectif est que les territoires desservis bénéficient pleinement des nouvelles possibilités économiques offertes par le corridor ferroviaire.
Le développement d’un réseau de transport performant constitue un pilier de la transition économique de l’Algérie, qui fait de la modernisation de ses infrastructures une priorité nationale. À cet égard, la Banque africaine de développement a réaffirmé sa volonté de poursuivre le dialogue avec les autorités algériennes afin d’accompagner le pays dans sa stratégie, notamment son ambition de porter son réseau ferroviaire (le deuxième du continent)de 6 000 kilomètres actuellement à 15 000 kilomètres à l’horizon 2030. Il s’agit de transformer ces orientations en opérations multisectorielles concrètes au service de la compétitivité et de la diversification économique de l’Algérie.


