Port sec de Ferkessédougou : SITARAIL au cœur d’un futur hub logistique pour les corridors ivoiriens vers l’hinterland

Port sec de Ferkessédougou : SITARAIL au cœur d’un futur hub logistique pour les corridors ivoiriens vers l’hinterlandPort sec de Ferkessédougou : SITARAIL au cœur d’un futur hub logistique pour les corridors ivoiriens vers l’hinterland

Port sec de Ferkessédougou : SITARAIL au cœur d’un futur hub logistique pour les corridors ivoiriens vers l’hinterland

Port sec de Ferkessédougou : un nouvel accélérateur pour le corridor Abidjan-hinterland

Le port sec de Ferkessédougou entre dans une phase stratégique pour l’organisation des flux de marchandises entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’hinterland. La visite effectuée le 28 août 2026 sur le chantier, à laquelle a participé le directeur général de SITARAIL, met en lumière le rôle croissant du ferroviaire dans cette future plateforme logistique.

Implanté sur environ 732 hectares, le projet doit notamment contribuer à décongestionner le Port d’Abidjan, améliorer le traitement des marchandises et rapprocher certaines opérations logistiques des marchés du Nord ivoirien et des pays enclavés.

Pour les chargeurs, l’enjeu dépasse toutefois la construction d’une nouvelle infrastructure. La véritable question sera sa capacité à réduire les ruptures de charge, améliorer la prévisibilité du transit et rendre le corridor Abidjan–hinterland plus compétitif.

Un port sec conçu comme une extension terrestre du système portuaire ivoirien

Le projet de Ferkessédougou repose sur une logique différente d’un simple espace de stockage. Son ambition est de créer une plateforme multimodale capable d’articuler plusieurs fonctions logistiques autour du rail, de la route et de terminaux spécialisés.

Le site doit notamment accueillir des installations logistiques, des terminaux spécialisés et un dépôt d’hydrocarbures d’une capacité annoncée de 61 000 m³. Le coût des travaux du premier lot est évalué à 254,171 milliards de FCFA.

Cette configuration peut progressivement modifier l’organisation des flux actuellement concentrés autour du Port d’Abidjan.

Le rail, élément déterminant de la performance du corridor

L’un des points structurants du projet réside dans ses embranchements directement raccordés à la voie ferrée principale. Cette connexion donne au port sec la possibilité de devenir un véritable relais terrestre du dispositif portuaire ivoirien.

Pour SITARAIL, l’enjeu est donc particulièrement stratégique. Le développement d’une plateforme connectée au réseau ferroviaire peut favoriser le transfert d’une partie des marchandises vers le rail sur les longues distances.

Le bénéfice potentiel est double : limiter la pression exercée sur le transport routier et améliorer la régularité des acheminements massifiés.

Désengorger Abidjan tout en rapprochant la logistique des marchés de l’hinterland

L’un des objectifs affichés du projet est de désengorger le Port d’Abidjan en déplaçant certaines opérations logistiques vers l’intérieur du pays.

Cette stratégie répond à une problématique classique des corridors africains : le port maritime concentre souvent les opérations de réception, de stockage, de dédouanement et de distribution alors que les principaux marchés de consommation se situent parfois à plusieurs centaines de kilomètres.

Avec Ferkessédougou, une partie de cette chaîne pourrait être progressivement rapprochée des chargeurs du Nord et des flux à destination du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Le projet officiel identifie d’ailleurs plusieurs pays bénéficiaires au-delà de la Côte d’Ivoire.

Quel impact sur les temps de transit ?

Il serait prématuré d’annoncer une réduction précise des délais de transit avant la mise en exploitation et la mesure des performances réelles.

Cependant, le principe est clair : une meilleure synchronisation entre port maritime, rail, route, stockage et procédures douanières peut réduire les temps d’attente et les ruptures de charge.

Pour les chargeurs, la performance ne se mesure donc pas uniquement en kilomètres parcourus. Elle dépend surtout de la capacité du corridor à offrir un temps de transit prévisible, régulier et maîtrisé.

Un potentiel de réduction des coûts logistiques, sous conditions

Le transfert d’une partie des flux vers le rail peut également créer des gains économiques, particulièrement pour les marchandises transportées sur de longues distances et en volumes importants.

Mais la création d’un port sec ne garantit pas automatiquement une baisse des coûts.

Pour que les gains soient réellement captés par les chargeurs, plusieurs conditions devront être réunies :

  • disponibilité et fiabilité des capacités ferroviaires ;
  • fluidité des opérations de manutention ;
  • coordination entre opérateurs portuaires et ferroviaires ;
  • efficacité des procédures douanières ;
  • qualité des connexions routières avec les zones de production et de consommation ;
  • digitalisation du suivi documentaire et des marchandises.

La performance devra donc être évaluée à partir d’indicateurs concrets : temps de transit, coût par tonne, taux d’utilisation du rail, temps d’immobilisation des conteneurs et fiabilité des livraisons.

Un projet connecté à l’expansion des infrastructures du corridor

Le port sec n’est pas isolé du reste du réseau. Son potentiel dépendra également de la qualité des infrastructures qui le relient à Abidjan et aux frontières septentrionales.

En juin 2026, la Côte d’Ivoire et la Banque islamique de développement ont annoncé un financement d’environ 130 milliards de FCFA pour le tronçon Tafiré–Ferkessédougou, long d’environ 60 kilomètres, dans le cadre du prolongement de l’autoroute du Nord vers les frontières du Burkina Faso et du Mali.

Cette convergence entre infrastructures routières, ferroviaires et logistiques est essentielle.

Elle pourrait permettre de construire progressivement un corridor plus intégré, dans lequel le rail assure les flux massifiés tandis que la route conserve son rôle dans la desserte de proximité et les derniers kilomètres.

Une dimension régionale qui dépasse la Côte d’Ivoire

Le véritable intérêt du port sec de Ferkessédougou se situe dans son potentiel à renforcer la connexion entre la façade maritime ivoirienne et les économies enclavées de l’Afrique de l’Ouest.

Pour le Burkina Faso et le Mali notamment, l’accès à des infrastructures portuaires performantes constitue un facteur déterminant de compétitivité commerciale.

Dans cette perspective, Ferkessédougou pourrait devenir une interface entre le Port d’Abidjan et les corridors de l’hinterland.

L’infrastructure doit cependant être pensée dans une logique régionale. Son efficacité dépendra de la fluidité des passages frontaliers, de l’harmonisation des procédures et de la capacité des différents États à réduire les obstacles non physiques au commerce.

« La performance d’un corridor ne dépend plus uniquement de la qualité d’un port. Elle dépend de la continuité du parcours logistique jusqu’au client final. »

C’est précisément sur cette continuité que se jouera la valeur économique du futur port sec.

Pourquoi cela compte pour les corridors africains

Le port sec de Ferkessédougou peut devenir un maillon stratégique du corridor Abidjan-hinterland pour quatre raisons :

1. Déconcentration portuaire
Certaines opérations peuvent être transférées vers une plateforme intérieure, réduisant la pression sur les infrastructures d’Abidjan.

2. Intégration multimodale
La connexion ferroviaire crée les conditions d’une combinaison plus efficace entre rail et route.

3. Compétitivité des pays enclavés
Un acheminement plus prévisible vers le Burkina Faso, le Mali et d’autres marchés de l’hinterland peut améliorer leur accès aux chaînes d’approvisionnement internationales.

4. Attractivité industrielle
Une plateforme logistique de cette dimension peut favoriser l’implantation d’activités de transformation, de stockage et de distribution autour de Ferkessédougou.

Ferkessédougou, un test grandeur nature pour la logistique ouest-africaine

Le projet présente également une dimension territoriale importante. Selon les données officielles du projet, le port sec doit notamment contribuer au développement économique du Nord ivoirien et bénéficier à plusieurs régions du pays. L’objectif annoncé à terme est également de générer jusqu’à 71 000 emplois directs et indirects.

Plus récemment, le gouvernement ivoirien a évoqué une extension supplémentaire de 700 hectares afin d’anticiper le développement à long terme du site et d’éviter son enclavement par l’expansion future de la ville.

Cette perspective illustre une évolution importante : les grands corridors africains ne sont plus seulement conçus comme des axes de transport. Ils deviennent des écosystèmes économiques, associant infrastructures, industrie, logistique, commerce et développement territorial.

Quelle place dans la dynamique de la ZLECAf ?

Pour la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’enjeu est central : supprimer les barrières commerciales ne suffit pas si les marchandises restent confrontées à des coûts logistiques élevés et à des délais imprévisibles.

Des infrastructures comme Ferkessédougou peuvent contribuer à rendre les échanges intra-africains plus fluides en rapprochant les capacités logistiques des marchés intérieurs.

La priorité sera toutefois de connecter efficacement ces infrastructures aux autres corridors régionaux et de garantir une véritable interopérabilité des systèmes de transport et des procédures.

De l’infrastructure au corridor performant

La participation de SITARAIL à la visite du futur port sec de Ferkessédougou illustre l’importance croissante du ferroviaire dans la stratégie logistique ivoirienne.

Avec ses 732 hectares, sa vocation multimodale et sa connexion au réseau ferroviaire, le projet dispose des caractéristiques nécessaires pour devenir un maillon majeur du corridor reliant Abidjan aux marchés de l’hinterland.

Mais son véritable succès se mesurera ailleurs : dans la réduction des temps d’attente, la fiabilité des acheminements, la maîtrise des coûts et la capacité à offrir aux chargeurs une chaîne logistique compétitive de bout en bout.

Ferkessédougou peut ainsi devenir davantage qu’un port sec : un laboratoire de la nouvelle génération des corridors africains.